
25/11/25
Un couple, souvent primo-accédant, parfois déjà propriétaire, pousse la porte de l’office. Ils ont réservé un appartement à Sanary, signé un compromis pour une maison à Six-Fours, ou trouvé “la” perle rare à Ollioules. Et, une fois assis, ils me disent :
“Maître… on en est où des frais de notaire ? On les a prévus, mais on ne comprend pas vraiment ce qu’on paye.”
Cette question, je l’entends presque chaque semaine.
Et la réalité est simple : si le terme “frais de notaire” perdure, il induit en erreur. Car, dans l’immense majorité des cas, ce que vous versez ne revient… pas au notaire.
Il est temps de remettre les idées en ordre — de façon claire et transparente.
Lorsque vous signez l’acte authentique, vous versez une somme globale.
Mais cette somme se répartit en quatre blocs très différents.
En moyenne, entre 70 % et 80 % des frais d’acquisition sont des impôts.
On les appelle droits de mutation à titre onéreux (DMTO).
Ils rémunèrent l’État, les communes et surtout le département.
En 2025, dans le Var, le Conseil Départemental a voté une hausse du taux, passé à : 6,31850 %
Ce taux s’applique à la quasi-totalité des ventes immobilières anciennes (sauf primo-accession, nous consulter pour connaitre les règles).
C’est donc vers le Conseil Départemental qu’une grande partie des frais va
Le notaire avance pour votre compte :
Vous lui remboursez ensuite à l’euro près, sans bénéfice.
C’est une étape fondamentale.
Votre acte doit être inscrit au service de la publicité foncière, afin que votre propriété soit opposable à tous.
Là encore, il s’agit de frais administratifs, réglementés, qui ne vont ni à l’office, ni au notaire.
C’est la seule part qui revient réellement à l’office, et elle est :
C’est l’un des rares métiers où la rémunération est déterminée par décret, sans libre fixation.
Une acquisition immobilière n’est jamais un simple contrat de vente.
C’est une opération qui doit s’inscrire dans le temps, se connecter au fichier immobilier, s’intégrer dans un ensemble juridique et fiscal cohérent.
Les frais financent donc :
C’est en réalité un mécanisme pensé pour assurer votre sécurité juridique, celle de vos héritiers, et celle du marché immobilier dans son ensemble.
Les articles sur internet regorgent de recettes miracles pour “réduire les frais de notaire”.
Dans la pratique, il existe bien cinq leviers, mais chacun a ses conditions et ses limites.
Voici ce que je constate quotidiennement dans les dossiers.
Si les honoraires d’agence sont à la charge de l’acquéreur, ils peuvent être déduits du prix taxable.
Mais cela suppose :
Dans le Var, où les biens se vendent souvent via des agences immobilières, c’est un levier possible... mais à manier avec rigueur.
Un bien vendu meublé peut voir son prix ajusté pour exclure la valeur des meubles et équipements (cuisine équipée, électroménager, dressing…).
Mais attention :
On ne “sort” pas 20 000 € de meubles dans un T2 de 40 m² : l’administration veille.
C’est le cas notamment :
Selon les situations, les frais peuvent être significativement plus faibles que dans une vente classique.
Lorsqu’un bien a fait l’objet d’une réhabilitation lourde, au point d’être considéré comme neuf, l’acquisition bénéficie d’un régime entièrement différent, souvent plus avantageux.
Ce cas est rare — mais il existe.
Je l’ai rencontré sur de petits immeubles rénovés sur Toulon ou La Seyne, où les travaux étaient si importants qu’ils justifiaient une fiscalité de “neuf”.
C’est un dispositif simple : le vendeur prend à sa charge l’intégralité des frais.
Vous payez votre bien “clé en main”, et les frais sont intégrés dans le prix global.
Ce n’est pas un cadeau : c’est une décision commerciale, parfois utilisée pour fluidifier une vente ou attirer plus d’acquéreurs.
“Le notaire fixe ses tarifs.”
Faux : ils sont fixés par décret.
“D’un notaire à l’autre, cela change.”
Faux : le montant est identique partout en France.
“Les frais servent à payer le notaire.”
Très majoritairement faux : la part réelle perçue par l’office est faible.
“On ne peut rien faire pour réduire les frais.”
Partiellement faux : certaines stratégies existent, mais elles doivent être encadrées pour éviter toute rectification fiscale.
Dans le cadre de la possibilité offerte par l’article 116, II de la loi de finances pour 2025 (Loi n°2025-127 du 14/02/2025), le Département du Var a décidé qu'à partir du 01/05/2025 le taux lui revenant dans les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), serait de 4,5 % (contre 4,2 % auparavant). Ce qui signifie que le taux des DMTO est passé à 6,31850 % ! Une hausse qui impacte directement le coût d’acquisition pour bon nombre d’acheteurs… sauf pour les primo-accédants.
C’est une donnée importante : dans une vente à 350 000 €, les frais passent de 26.000,00€ à 27.800,00€. Une raison de plus pour être bien accompagné, surtout dans un territoire où les prix sont élevés et les situations variées (résidence principale, secondaire, investissement locatif…).
S’informer sur les frais, c’est déjà sécuriser son projet.
Votre acquisition mérite de la clarté, de la précision, et un accompagnement qui dépasse largement le simple calcul des coûts.
Si vous souhaitez une estimation précise, une optimisation légale ou simplement y voir clair avant de signer votre compromis, EXCEN TPM vous accompagne.
Articles du Code général des impôts (CGI) – Légifrance
BOFiP – Impôts
La meilleure réponse est : avant de signer quoi que ce soit.
Un appel, un rendez-vous court, une relecture de compromis peut éviter :
C’est précisément dans cette phase que le notaire apporte la plus grande valeur ajoutée. Souvent, bien avant l’acte.